Apprendre les tables de multiplication : méthode et astuces
Pour apprendre les tables de multiplication, commence par les plus faciles (1, 2, 5 et 10), comprends chaque table grâce à une astuce plutôt que de la réciter, puis entraîne-toi 5 à 10 minutes par jour en revenant surtout sur les résultats que tu rates. À l’école, ce travail commence au CE1 et se consolide au CE2.
Bonne nouvelle : il y a beaucoup moins de résultats à retenir qu’on ne le croit. Une fois les tables de 1, 2, 3, 4, 5, 9 et 10 connues, il ne reste que 6 multiplications vraiment nouvelles : 6 × 6, 6 × 7, 6 × 8, 7 × 7, 7 × 8 et 8 × 8.

En quelle classe apprend-on les tables de multiplication ?
En France, le programme de mathématiques du cycle 2, publié au Bulletin officiel du 31 octobre 2024 et appliqué depuis la rentrée 2025, fixe ces étapes :
- Au CP, l’enfant découvre le sens de la multiplication avec le mot « fois » : trois paquets de 20 biscuits, c’est « trois fois 20 biscuits ».
- Au CE1, il apprend le signe × et découvre que 8 × 4 = 4 × 8. Les tables s’apprennent tout au long de l’année, avec des facteurs de 0 à 10, et « dans les deux sens » : trouver 5 × 3, mais aussi compléter 4 × … = 12. En fin de CE1, l’élève complète 8 égalités de ce type en une minute, et la mémorisation des dernières tables peut encore être imparfaite.
- Au CE2, la mémorisation se renforce : en fin d’année, l’élève complète 12 égalités comme 7 × … = 42 ou 9 × 6 = … en une minute.
Au CM1 et au CM2, les évaluations nationales de rentrée vérifient encore la connaissance des tables, en une minute chrono.
Dans quel ordre apprendre les tables de multiplication ?
Inutile de suivre l’ordre de 1 à 10. Mieux vaut partir des tables qui ont une règle simple, puis s’appuyer sur elles pour construire les suivantes :
| Étape | Tables | Ce qui aide |
|---|---|---|
| 1 | 1 et 10 | Le nombre ne change pas ; 10 fois, ce sont des dizaines |
| 2 | 2 et 5 | Les doubles ; la moitié de la table de 10 |
| 3 | 3, 4 et 9 | Le double plus une fois ; le double du double ; 10 fois moins une fois |
| 4 | 6, 8 et 7 | Il ne reste que 6 résultats nouveaux |
La fiche d’Éduscol destinée aux enseignants de CM2 propose une autre logique, fondée sur les liens entre les tables : 2, puis 4 et 8, qui en sont les doubles, puis 3 et 6, puis 9 à partir de 10, et enfin 7. Les deux chemins finissent par la table de 7 : on en connaît alors presque tous les résultats.
Pourquoi y a-t-il moins de résultats à retenir qu’on le croit ?
Grâce à la commutativité : 3 × 7 = 7 × 3. Trois rangées de sept points ou sept rangées de trois, c’est le même nombre de points. Chaque résultat appris compte double, et le travail est divisé par deux :
| Ce que tu sais déjà | Multiplications à retenir |
|---|---|
| Rien, en comptant 7 × 3 et 3 × 7 séparément | 100 |
| La commutativité | 55 |
| Plus les tables de 1 et de 10 | 36 |
| Plus les tables de 2 et de 5 | 21 |
| Plus les tables de 3, 4 et 9 | 6 |
Le tableau de Pythagore, l’outil à afficher
Le tableau de Pythagore rassemble toutes les tables : 6 × 8 se lit au croisement de la ligne 6 et de la colonne 8.
| × | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 |
| 2 | 2 | 4 | 6 | 8 | 10 | 12 | 14 | 16 | 18 | 20 |
| 3 | 3 | 6 | 9 | 12 | 15 | 18 | 21 | 24 | 27 | 30 |
| 4 | 4 | 8 | 12 | 16 | 20 | 24 | 28 | 32 | 36 | 40 |
| 5 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | 45 | 50 |
| 6 | 6 | 12 | 18 | 24 | 30 | 36 | 42 | 48 | 54 | 60 |
| 7 | 7 | 14 | 21 | 28 | 35 | 42 | 49 | 56 | 63 | 70 |
| 8 | 8 | 16 | 24 | 32 | 40 | 48 | 56 | 64 | 72 | 80 |
| 9 | 9 | 18 | 27 | 36 | 45 | 54 | 63 | 72 | 81 | 90 |
| 10 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 | 90 | 100 |
Il est symétrique de part et d’autre de la diagonale des carrés (1, 4, 9, 16, 25, 36, 49, 64, 81, 100) : c’est la commutativité. Les carrés sont de bons repères à revoir souvent. Une idée simple : colorier les cases déjà sues, pour voir ce qu’il reste à apprendre.
Les astuces table par table
Les tables de 0, 1 et 10
Zéro fois un nombre, ça fait toujours 0, et multiplier par 1 ne change rien : 1 × 8 = 8. Avec 10, on compte des dizaines : 7 × 10, ce sont 7 dizaines, donc 70. Le « on ajoute un zéro » échoue avec les nombres à virgule : les enseignants préfèrent parler de dizaines.
Les tables de 2 et de 5
Multiplier par 2, c’est prendre le double : 2 × 7 = 7 + 7 = 14. Les résultats de la table de 5 finissent par 0 ou par 5, et chacun est la moitié de celui de la table de 10 : 5 × 8, c’est la moitié de 80, donc 40.
Les tables de 4 et de 8
Multiplier par 4, c’est doubler deux fois : 4 × 7, c’est 14 puis 28. Multiplier par 8, c’est doubler trois fois : 8 × 6, c’est 12, 24, puis 48. Dans la table de 8, les unités suivent toujours la ronde 8, 6, 4, 2, 0.
Les tables de 3 et de 6
3 fois un nombre, c’est son double plus une fois : 3 × 6 = 12 + 6 = 18. La table de 6 est le double de la table de 3 : 6 × 8, c’est le double de 24, donc 48. Une rime aide aussi : 6 × 2 = 12, 6 × 4 = 24, 6 × 6 = 36, 6 × 8 = 48. Avec un nombre pair, le résultat finit par ce nombre.
La table de 9 et le truc des doigts
9 fois un nombre, c’est 10 fois ce nombre moins une fois : 9 × 6 = 60 − 6 = 54. Additionne les chiffres du résultat : tu trouves toujours 9.
Le truc des doigts, pour 9 × 4 : pose tes dix doigts devant toi et baisse le 4e en partant de la gauche. Il reste 3 doigts à gauche, les dizaines, et 6 à droite, les unités : 36. Ça marche jusqu’à 9 × 10.
La table de 7
C’est la dernière, et tu en connais déjà presque tout. Il reste surtout 7 × 7 = 49 et 7 × 8 = 56. Pour celui-là, récite « 5, 6, 7, 8 » : 56 = 7 × 8.
Combien de temps par jour pour apprendre les tables ?
Mieux vaut 5 à 10 minutes chaque jour qu’une heure le dimanche. Le programme prévoit d’ailleurs du calcul mental tous les jours au cycle 2.
- Interroge plutôt que de faire relire : chercher la réponse dans sa mémoire la fixe bien mieux.
- Mélange les questions, dans le désordre et dans les deux sens : 6 × 7, puis 7 × … = 42.
- La justesse d’abord, la vitesse ensuite : le but est de répondre en quelques secondes, sans recalculer.
La révision espacée : revoir au bon moment
La révision espacée consiste à revoir chaque résultat su à des intervalles de plus en plus longs, et chaque erreur très vite. À la maison, la méthode des boîtes de Leitner l’applique avec des cartes : la multiplication au recto, la réponse au verso. Une carte réussie passe dans la boîte suivante, une carte ratée retourne dans la première. On révise par exemple la boîte 1 chaque jour, la boîte 2 tous les trois jours et la boîte 3 chaque semaine.
Les erreurs fréquentes et comment les corriger
- Bloquer sur les résultats difficiles : les fiches d’Éduscol citent 6 × 7, 6 × 8 et 7 × 8, mais aussi 7 × 9 et 8 × 9, parmi les résultats durs à recalculer, qu’il vaut mieux mémoriser à part.
- Confondre les voisins : 7 × 8 = 54, alors que 54 = 6 × 9. Revois les deux ensemble.
- Additionner au lieu de multiplier : 4 × 3 = 7. Les rangées de points règlent le problème : 4 rangées de 3, ça fait 12.
- Réciter toute la table pour trouver 7 × 6 : ça marche, mais c’est trop lent.
Après une erreur, donne une astuce, fais écrire la bonne réponse, puis repose la question quelques minutes plus tard.
Les conseils pour les parents
- Valorise les progrès plutôt que les erreurs. Le programme note que le stress et le manque de confiance peuvent freiner la rapidité en calcul mental, et invite à faire de ces petits tests une routine sans stress.
- Cherche les multiplications du quotidien : 2 boîtes de 6 œufs, les 4 roues de 3 voitures, les 8 pattes d’une araignée.
Questions fréquentes
Quelle est la table de multiplication la plus difficile ?
Pour la plupart des enfants, les tables de 7 et de 8, avec 7 × 8 = 56, 6 × 8 = 48 et 6 × 7 = 42.
Faut-il apprendre les tables dans l’ordre ?
Non. On commence par 1, 2, 5 et 10, on s’appuie sur elles pour 3, 4 et 9, et on finit par 6, 8 et 7.
Combien de temps faut-il pour connaître ses tables ?
Plusieurs mois : le programme étale cet apprentissage sur toute l’année de CE1 et le consolide au CE2.
Faut-il apprendre les tables de 11 et de 12 ?
Ce n’est pas demandé au CE1 ni au CE2, où les facteurs vont de 0 à 10. En Angleterre, en revanche, les élèves apprennent leurs tables jusqu’à 12 × 12.
Apprendre les tables en ligne
Pour apprendre les tables de multiplication en jouant, essaie Tables Magiques. Chaque table s’y découvre en trois temps : un quadrillage de points qui se remplit rangée par rangée, des astuces animées comme le truc des doigts, puis un quiz de 10 questions où 8 bonnes réponses gagnent l’étoile. Le jeu conseille l’ordre 1, 2, 10, 5, 3, 4, 9, 6, 8, 7 et montre, à partir de la table de 3, les résultats déjà connus grâce aux précédentes. Les questions arrivent dans les deux sens, au pavé numérique ou en choix multiples.
Après une erreur, Tables Magiques affiche la bonne réponse, une astuce et un quadrillage, puis repose la question un peu plus tard. Le mode Révisions applique la révision espacée : une multiplication réussie vite revient après 10 minutes, puis le lendemain, après 3 jours, une semaine et trois semaines ; une erreur la fait revenir tout de suite. S’y ajoutent 36 niveaux d’aventure, 48 monstres à collectionner, un défi chrono de 60 secondes et un espace parents qui suit chaque table.
Pour les parents et les enseignants, le programme de mathématiques du cycle 2 et la fiche Éduscol sur la mémorisation des tables détaillent les attendus. Pour jouer avec les nombres, lis les règles du sudoku ou celles du 2048, et retrouve nos jeux pour les enfants.